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L’impression 3D par technologie HSS concurrencerait l’injection plastique

Deux universités anglaises, Sheffield et Loughborough, travaillent actuellement sur une technologie d’impression 3D qui serait utilisable pour de la production de masse. Son nom : HSS pour High Speed Sintering. L’imprimante qu’ils développent porte le nom moins barbare de FACTUM.

L’imprimante Factum produit des objets à partir d’une poudre polymère, identique à celle utilisée dans des imprimantes 3D utilisant la technologie de Selective Laser Sintering. Au lieu d’utiliser un Laser comme dans cette dernière technologie, l’imprimante 3D FACTUM utilise une lampe qui expose une zone plus grande de matériau, mais le chauffe à moindre température. Pour référence, la lampe est semble-t-il 10 000 fois moins puissante que les lasers utilisés pour du SLS. Etonnamment, elle permet une impression beaucoup plus rapide. Par exemple, des objets de la taille d’un doigt auraient été imprimés en moins d’1 seconde, là où il aurait vraisemblablement fallu plusieurs dizaines de minutes pour obtenir le même résultat à partir des technologies actuelles.

Objets fabriqués avec la technologie HSS - copyright : Xaar
Objets fabriqués avec la technologie HSS – copyright : Xaar

Le projet a réuni de prestigieux partenaires industriels, tels que BAE Systems (aéronautique), Cobham Antenna Systems (équipements de télécommunication dans l’espace) ou Unilever (produits de grande consommation). Il est intéressant de voir Unilever ici car eux recherchent des modes de production massive. Les universités ont de plus travaillé avec la société Xaar, spécialisée dans les têtes d’impression à jet d’encre, et qui a participé à développer la technologie d’impression pour FACTUM.
Le projet profite ainsi d’un financement important de environ 1,8M€, accodé par le TSB (Technology Strategy Board) ainsi que par les partenaires industriels.

L’équipe de recherche souligne que cette technologie pourrait permettre d’ouvrir de nombreux horizons. En effet, là où aujourd’hui les moules pour produire des pièces plastiques sont excessivement chers, certaines sociétés font le choix de produire leurs pièces en aluminium par fabrication soustractive afin d’éviter le coup des moules quand les quantités sont suffisamment faibles. Avec cette technologie qui permet de supprimer le coût des moules, ces sociétés auraient à nouveau le choix dans le matériau à utiliser pour leur production de petites séries.

Une vidéo qui date d’il y a un an présente rapidement le procédé, sans vraiment en démontrer encore la vitesse (à partir de 1min56) :

Afin de rester indépendant d’un industriel en particulier, le projet a décidé de ne pas associer en tant que partenaire stratégique de fabricants d’imprimantes ou de vendeurs de matériaux. En effet, si la technologie doit pouvoir concurrencer la production par injection, elle doit avoir une approche aussi ouverte à tous les fabricants et matériaux.

De premiers résultats semblent démontrer le bien fondé de la démarche de recherche de l’équipe. En effet, ils ont réussi à trouver des géométries pour lesquelles la production par HSS semble déjà plus intéressante que la production par injection de plastique. Et l’équipe pousse l’idée que ce devrait être le cas pour de nombreux produits. De quoi entrevoir une révolution pour l’accès à la production de pièces plastiques à petite, moyenne ou grande échelle.

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A propos de Frederic Allard

Diplômé de l’Ecole Centrale Paris où j’ai suivi une spécialisation en Génie Industriel, j’ai par la suite créé plusieurs sociétés, dans le monde du conseil puis dans le Digital. Je suis actuellement Consultant en stratégie d'intégration d'innovations technologiques comme l'impression3D dans les entreprises, au sein de la société Septine. Je suis persuadé que la digitalisation des outils de production (et donc l'impression 3D) va induire de profonds changements dans la vie des industriels, des logisticiens et finalement dans nos vies au quotidien.