Accueil » Highlights » Comment l’Impression 3D réinvente la consommation de jouets
enfants-poupees-impression3d-makielab

Comment l’Impression 3D réinvente la consommation de jouets

L’industrie du jouet stagne au niveau mondial à 60 milliards d’euros depuis la récente crise économique et financière due à une baisse de moral et de pouvoir d’achat des ménages. En 2013, le leader Mattel, propriétaire de marques telles que Barbie, Fisher-Price et Polly Pocket a vu ses ventes mondiales baisser de 6%.

Les facteurs démographiques ne rassurent pas non plus. Le nombre d’enfants âgés de moins de 14 ans avoisine les 16% de la population totale aux Etats-Unis et au sein de l’Europe, quand le nombre d’enfants en Chine est 3 à 4 fois supérieur, atteignant 19% de la population. Pourtant, les perspectives de croissance en Chine ne sont pas meilleures car le nombre d’enfants n’a cessé de diminuer depuis les années 2000. La politique de l’enfant unique adoptée dans ce pays est responsable de la chute du taux de fécondité, qui aura un impact certain sur la demande de jouets dans les années futures. La croissance actuelle du secteur du jouet en Chine s’explique par l’augmentation du pouvoir d’achat des parents avec enfants.

L’impression 3D est un axe stratégique que les fabricants entendent exploiter afin de pallier les facteurs économiques et démographiques qui freinent le monde du jouet. Un grand nombre d’acteurs s’appuient aujourd’hui sur cette technologie pour réaliser le prototype d’un jouet ou d’une poupée, à l’image des ingénieurs Mattel qui utilisent une trentaine d’imprimantes 3D pour accélérer la phase de conception et réduire le coût de production. D’autres sociétés l’utilisent comme outil de personnalisation en vue de relancer l’appétit du consommateur en lui permettant de créer un jouet unique. Enfin, des sociétés de taille plus modeste, se servent de l’impression 3D pour fabriquer des produits finis tels que des figurines qui pourraient bien venir perturber un jour les leaders du secteur que sont Mattel, Hasbro et Lego.

Développement de la personnalisation de masse

Le prototypage rapide, l’amélioration des techniques et qualités d’impressions 3D ou encore l’augmentation de matériaux disponibles réveillent l’engouement des fabricants qui y voient un vrai moyen de personnalisation de masse. Impliquer les consommateurs dans la phase de conception en proposant de multiples façons de personnaliser un jouet, une figurine ou poupée permet de pousser à l’achat. Je conçois donc je consomme. L’impression 3D ne remplacera pas à court ou moyen terme la fabrication traditionnelle de jouets, principalement réalisée en Asie, mais la complète en apportant une réelle valeur ajoutée au produit.

Offrir à l’acheteur la possibilité d’être créateur de son propre jouet renforce l’expérience client qui est moins présente lors d’un achat dans un magasin de jouet spécialisé.

Hasbro, bien connu pour son jeu de société Monopoly, a déposé la marque Allspark sous laquelle il commercialisera ses jouets imprimés en 3D. Les Transformers, qu’il fabrique sous licence, pourraient bien être les premiers disponibles à la personnalisation sur son site internet. Avec une large bibliothèque d’accessoires ou couleurs, les possibilités semblent sans fin.

La start-up britannique MakieLab fait également beaucoup parler d’elle dans l’industrie avec ses poupées Makies. Les enfants dessinent leur propre poupée sur internet ou à l’aide de l’application mobile avant que les parents passent commande de la version physique.

fabzat-impression3d-levee-de-fonds

FabZat une jeune société prometteuse basée en région Aquitaine vient de boucler un premier tour de table de 450 000 euros auprès notamment de Kima Ventures, le fonds de Jérémie Berrebi et Xavier Niel. FabZat développe un module (sous forme de mini-boutique), dont le plugin est embarqué directement sur les jeux vidéo, et donne la possibilité à tous les joueurs de personnaliser et commander une figurine ou un objet virtuel depuis l’interface du jeu, en fonction des choix et scores réalisés par le joueur. C’est une production de pièce unique à la demande, en flux tendu, donc sans stock et sans perte de matières.

L’impression 3D de jouets bientôt rendue possible chez soi? 

Les jouets achetés, qu’ils proviennent de marques telles que Lego, Playmobil ou encore Meccano, sont soumis à une stricte législation afin de protéger le consommateur. Les jouets doivent respecter un grand nombre de normes de sécurité avant d’être mis en vente. De plus, la complexité du processus de création (logiciels de modélisation 3D) et d’impression sont des barrières qui rendent l’impression 3D de jouets encore peu accessible au grand public. Il est en effet plus probable que le grand public se tourne vers des services d’impression 3D comme Sculpteo ou Shapeways à court ou moyen terme pour faire fabriquer des produits finis.

Il est vrai que certaines sociétés surfent sur cette tendance et tentent de convaincre le grand public avec des applications de modélisation ludiques et simples à utiliser. Ainsi, la société Modio a créé une application gratuite sur iPad afin de créer des monstres articulés que l’on peut façonner à partir de modèles pré-enregistrés avant de les imprimer sur notre imprimante 3D personnelle. Des évolutions sont donc à attendre sur ce segment là au niveau de la législation.

modio-application-ipad-modelisation3d

Une source précieuse de données pour les fabricants

La personnalisation de masse n’en est qu’à son balbutiement et pourtant, on lui prédit déjà un bel avenir. De par cette nouvelle manière de consommer, un fabricant obtiendra de précieuses données qui lui permettront d’en apprendre plus sur ses consommateurs en vue de créer de nouveaux jouets répondant mieux à leurs attentes. Par ailleurs, Hasbro a précisé que ses fichiers 3D seraient partageables sur internet, une manière pour l’éditeur des jeux Cluedo et Puissance 4, de faire participer l’acheteur à la communication autour de ses produits.

N’hésitez pas à nous suivre sur Twitter, Google+ ou Facebook pour être tenu au courant des actualités de l’impression 3d.

A propos de Jeremy Azzarita

Analyste en fusion-acquisition au sein de Clearwater International à Londres, j'interviens dans des opérations financières liées au secteur industriel, de biens de consommation ou encore de la santé. Je vois dans l'impression 3D un moyen pour les entreprises d'accéder à la production de masse personnalisée mais également une formidable technologie de prototypage pour le monde des start-up.