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Organovo travaille avec Johnson&Johnson sur les utilisations possibles de ses tissus imprimés en 3D

La société Organovo est l’une des sociétés à la pointe de l’impression 3D de tissus biologiques. Elle a déjà produit en début d’année des tissus 3D de foie, qu’elle a fournis à des laboratoires de recherche pour tests. Ces tissus présentent pendant une durée de 40 jours des fonctions proches d’un vrai tissu de foie humain, ce qui représente potentiellement pour les grands laboratoires une avancée majeure. En effet, ces tissus imprimés en 3D devraient permettre de tester les nouveaux médicaments sur des tissus très proches des tissus humains auxquels ils sont destinés.

Ce n’est bien entendu qu’une première étape pour Organovo, dont l’objectif est de réussir à produire des organes humains fonctionnels, que l’on pourrait implanter directement chez un patient malade. Cet objectif reste pour le moment assez lointain, car recréer un organe fonctionnel implique de recréer une structure très complexe, comprenant notamment un réseau de vaisseaux sanguins qui va pouvoir acheminer l’oxygène et les nutriments nécessaires à la survie et au renouvellement des cellules.

Organovo doit donc développer les marchés intermédiaires, qui représentent par ailleurs de vraies opportunités de business. En effet, les laboratoires font aujourd’hui leurs tests sur des tissus 2D loins de recréer un environnement de test convenable. Et ils dépensent beaucoup d’argent pour acheter ces tissus. Les tissus créés par Organovo ont donc le potentiel de prendre un marché lucratif, où tout le monde serait gagnant, car il permettrait aux laboratoires de limiter les risques sur les lancements de nouveaux médicaments, et à Organovo de continuer à financer sa recherche pour aller vers d’autres utilisations de ses technologies d’impression 3D, comme l’impression 3D d’organes implantables. Organovo a annoncé hier avoir signé un accord avec une filiale de Johnson & Johnson, la société Janssen R&D, avec laquelle elle devrait approfondir les utilisations possibles de ses tissus imprimés en 3D par les laboratoires pharmaceutiques. Le communiqué reste laconique, et ne nous en dit pas beaucoup plus sur les activités exactes qui vont être menées dans le cadre de ce partenariat. Il arrive dans un bon timing pour Organovo qui doit normalement commercialiser ses premiers tissus imprimés en 3D à partir de décembre 2014.

Avoir la possibilité de réaliser des organes à partir des cellules du patient permettrait d’éliminer les listes d’attente de don d’organe, et permettrait par là même de limiter le nombre de personnes mourant faute de pouvoir leur transplanter un organe compatible. Cela permettrait de diminuer le temps d’attente de sa greffe par un patient, ces périodes étant des périodes extrêmement pénibles pour les patients et leurs familles.

Mais la création d’organes fonctionnels ouvre les portes à des utilisations plus problématiques comme le clonage ou la manipulation génétique. A voir les développements actuels d’une société comme Organovo et les objectifs qu’elle poursuit, nous pouvons avoir la certitude que le futur dans lequel nous pourrons imprimer des organes fonctionnels est très proche. C’est donc probablement un sujet dont les politiques devraient s’emparer rapidement afin de pouvoir encadrer et contrôler l’utilisation qui sera faite de ces technologies.

Organovo est une société cotée au New York Stock Exchange. Nous parlons beaucoup d’Organovo quand nous parlons de bioprinting car le fait qu’elle est cotée l’oblige à une transparence accrue. Mais il existe de nombreuses autres sociétés travaillant sur des technologies ou des services de bioprinting. En voici quelques exemples :

  • Aspect Biosystems : société canadienne créée en 2013. Même activité qu’Organovo.
  • Cyfuse Biomedical : société japonaise créée en 2010. Fabrique les imprimantes 3D biologiques Regenova
  • OxSyBio : société anglaise, spin-out de l’université d’Oxford, créée en 2014. Travaille sur la fabrication de biomatériaux pour la guérison de blessures
  • TeVido Biodevices : société américaine créée en 2011. Travaille sur la reconstruction de poitrine.

Ce ne sont que quelques exemples de sociétés s’étant lancées dans les dernières années dans la course à l’impression 3D biologique. Nous pourrions en citer de nombreuses autres. C’est un secteur qui attire beaucoup d’attention, mais qui nécessite des investissements amont colossaux avant de donner des premiers retours financiers. Ainsi, il est probable qu’in fine, le nombre d’élus soit inférieur.

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A propos de Frederic Allard

Diplômé de l’Ecole Centrale Paris où j’ai suivi une spécialisation en Génie Industriel, j’ai par la suite créé plusieurs sociétés, dans le monde du conseil puis dans le Digital. Je suis actuellement Consultant en stratégie d'intégration d'innovations technologiques comme l'impression3D dans les entreprises, au sein de la société Septine. Je suis persuadé que la digitalisation des outils de production (et donc l'impression 3D) va induire de profonds changements dans la vie des industriels, des logisticiens et finalement dans nos vies au quotidien.