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Le coût, principal frein à l’impression 3D dans l’industrie selon Gartner

Gartner, qui sort régulièrement des études sur la fabrication additive ou impression 3D, a dévoilé les résultats d’une nouvelle étude. Cette étude a été réalisée auprès d’industries potentiellement utilisatrices de l’impression 3D, que ce soit pour du prototypage, pour de la production d’outillage pour les opérations, ou pour de la production de pièces finales.

300 entreprises ont été interrogées et le résultat de ce sondage est très net : 60% des industriels interrogés disent avoir retardé leur investissement dans l’impression 3D à cause du coût d’entrée de cette technologie. Et ce coût d’entrée est important à plusieurs titres :

  • L’investissement machine, si on souhaite avoir du matériel professionnel, nécessite a minima plusieurs milliers d’euros pour des machines basiques à plusieurs centaines de milliers d’euros. Pour être très schématique, ce coût sera soit de quelques milliers d’euros pour une machine personnelle, suffisante pour faire du prototypage de forme, ou de quelques dizaines de milliers d’euros pour avoir accès à des couples machine/logiciel plus performants et paramétrables. Les machines coûtant plusieurs centaines de milliers d’euros vont permettre soit des qualités de production élevées, soit des impressions de très grande taille, soit des impressions très rapides, soit encore des impressions dans des matériaux type métal.
  • Les matériaux pour l’impression coûtent très cher. En effet, la plupart des fabricants ont mis en place un système de verrouillage des matériaux utilisables avec leur machine, sur le modèle des imprimantes 2D pour lesquelles vous êtes généralement obligé d’acheter les cartouches de la marque qui vous a vendu la machine. Ainsi quoiqu’il arrive, le prix des matériaux utilisé sera donc plus élevé que si vous pouviez faire jouer la concurrence. De plus, on est actuellement sur un marché à la fois petit et en forte croissance. Donc les volumes sont faibles, mais en forte augmentation, ce qui peut créer une forme de rareté. Ce double mécanisme ajouté à l’aspect fermé souhaité par les fabricants rend donc ces matériaux très chers par rapport à ce que l’on peut trouver aujourd’hui dans l’industrie traditionnelle.
  • Les logiciels professionnels permettant de créer pour l’impression 3D avec checks de cohésion du modèle créé coûte généralement cher en licence.
  • La formation ou le recrutement de personnel pour modéliser pour l’impression 3D et pour faire fonctionner les machines est aussi un poste important de coût. Il faut aussi avoir du personnel formé à la post-production sur les pièces produites
  • L’espace mis à disposition pour positionner une imprimante 3D professionnelle n’est pas négligeable, et celui pour les outils de post-production ne l’est pas non plus. Il peut être également nécessaire de prévoir des alimentations électriques adaptées, des aérations pour s’assurer de la qualité de l’air…
  • L’intégration de nouveaux process de création ou de production dans les process de la société

Mis bout à bout, tous ces impacts représentent un coût quasi rédhibitoire pour une PME qui souhaiterait étudier les possibilités qui s’offrent à elle grâce à cette nouvelle technologie. Les prix doivent donc évoluer, et encore plus important, les compétences doivent se répandre afin que le coût d’entrée sur un projet d’impression 3D devienne acceptable.

En revanche, dans cette même étude, Gartner nous apprend que les industries ayant adopté l’impression 3D ont trouvé une vraie valeur dans cette technologie. Ci-dessous se trouve un graphique présentant les atouts trouvés dans l’impression 3D par les industries l’ayant adoptée :

impression3d-valeur-industries-utilisatrices-gartner

Concernant l’adoption de l’impression 3D, une démarche intelligente mise en place par des industriels ou des territoires est de mettre en place un atelier d’impression 3D partagé (à l’image de AddLab dont nous vous parlions en début d’année) où les entreprises partenaires ont accès à des machines et des compétences, ce qui leur permet d’explorer les pistes d’intégration de l’impression 3D concrètement en partageant le risque sur l’investissement.

Les constructeurs vont également devoir redoubler d’efforts pour travailler avec les industries potentiellement utilisatrices pour les aider à construire des projets concrets, créateurs de valeur.

De votre côté, quelle est aujourd’hui la position de votre société ? Etudiez-vous un projet d’impression 3D et êtes-vous freiné par le coût ou par d’autres facteurs ? N’hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires.

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A propos de Frederic Allard

Diplômé de l’Ecole Centrale Paris où j’ai suivi une spécialisation en Génie Industriel, j’ai par la suite créé plusieurs sociétés, dans le monde du conseil puis dans le Digital. Je suis actuellement Consultant en stratégie d'intégration d'innovations technologiques comme l'impression3D dans les entreprises, au sein de la société Septine. Je suis persuadé que la digitalisation des outils de production (et donc l'impression 3D) va induire de profonds changements dans la vie des industriels, des logisticiens et finalement dans nos vies au quotidien.