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L’impression 3D plastique passe (enfin) au multicolore ?

Les imprimantes 3D grand public se démocratisent petit à petit et de nombreux projets d’innovation essaient de repousser les limites de ce que ces petites machines peuvent faire, tout en continuant à en baisser le coût. Aujourd’hui, nous allons vous parler de 2 initiatives visant à ramener de la couleur à vos impressions qui sont souvent monotones…

La première est un projet lancé depuis quelques jours sur Kickstarter. Son objectif est intéressant : vous permettre de transformer votre machine à une tête d’impression en une imprimante 3D capable de réaliser des impressions 3D en plusieurs couleurs (jusqu’à 4). L’idée est simple, mais il fallait y penser et personne ne l’a proposé comme The Palette (le nom du projet) le propose aujourd’hui.

The Palette est une petite machine prenant en entrée jusqu’à 4 filaments de couleurs différentes, et fournissant en sortie un seul filament réalisé pour vous permettre d’imprimer votre objets en utilisant ces 4 couleurs.

En utilisant cette machine, vous pouvez donc transformer votre machine à 1 tête d’impression en une machine à 4 têtes d’impression. The Palette calcule la longueur exacte de filament dont vous allez avoir besoin pour chaque partie de couleur et recrée donc un seul filament multicolore à partir des données de votre fichiers STL.

On reste aujourd’hui sur une première itération de machine, et il est probable que ce genre d’initiative évolue pour créer une sorte d’adaptateur universel, permettant d’imprimer en plastique en autant de couleurs que l’on veut.

Une autre initiative nous vient de Hong Kong, de l’université de Zheijiang. Des chercheurs de cette université ont mis au point un procédé d’hydrographie numérique permettant d’ajouter de la couleur en post-traitement à une impression monocolore. Au contraire de la méthode précédente, l’objet ne sera pas teinté dans la masse, mais une couche de couleur sera ajoutée sur l’objet.

On comprend bien que les 2 méthodes vont avoir leurs cas d’utilisation distincts, l’une permettant seulement 4 couleurs, mais utilisant un plastique teinté dans la masse, avec une couleur durable. L’autre permet d’aller chercher des nuances de couleurs permises par l’impression couleur 2D…

Donc cette méthode pourrait s’avérer très adaptée pour réaliser des prototypes de façon plus automatisée que par peinture à la main.

Le fonctionnement est donc le suivant : les chercheurs ont travaillé sur un logiciel modélisant la déformation de la surface de l’eau quand on y plonge un objet. A partir de cela, ils calculent la façon dont ils doivent imprimer l’image à transférer sur le produit qui va être plongé dans l’eau. Une fois l’impression faite sur un film transparent spécifique, ils apposent l’image imprimée à la surface d’un bac d’eau, y ajoutent quelques éléments chimiques pour commencer une réaction et plongent ensuite l’objet à colorer directement sur l’image. Cette image est alors accollée sur le produit par réaction avec l’image imprimée.

Jusqu’à maintenant, ce sont les technologies d’impression qui avaient le vent en poupe. Aujourd’hui et pour aller plus loin sur la fabrication elle-même, il va falloir probablement inventer de nouvelles technologies, ou des catalyseurs pour les technologies existantes.

Une nouvelle vague semble arriver, travaillant sur le rendu et sur la post-production.

Pour aller plus loin sur ThePalette, vous pouvez vous rendre sur leur page de campagne Kickstarter, où ils ont détaillé le fonctionnement de leur machine. Pour accélérer l’innovation, ils souhaitent d’ailleurs rendre leur hardware et leur software opensource.

Pour aller plus loin sur la technologie d’hydrographie numérique, vous pouvez aller visiter la page suivante.

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A propos de Frederic Allard

Diplômé de l’Ecole Centrale Paris où j’ai suivi une spécialisation en Génie Industriel, j’ai par la suite créé plusieurs sociétés, dans le monde du conseil puis dans le Digital. Je suis actuellement Consultant en stratégie d'intégration d'innovations technologiques comme l'impression3D dans les entreprises, au sein de la société Septine. Je suis persuadé que la digitalisation des outils de production (et donc l'impression 3D) va induire de profonds changements dans la vie des industriels, des logisticiens et finalement dans nos vies au quotidien.