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L’impression 3D au creux de la vague ?

L’année 2014 aura été une année compliquée pour l’impression 3D. Nous vous en avons parlé à plusieurs reprises, les valeurs de l’impression 3D ont été sévèrement sanctionnées en bourse, tirées par 3D Systems qui a vu le cours de son titre fondre de 55% en quelques mois… On peut aussi le constater dans le courbes mesurant les recherches faites sur les termes 3D printing ou impression 3D, qui au mieux marquent une stagnation en 2014, au pire une lourde baisse du nombre de recherches après des années 2012 et 2013 qui avaient marqué l’explosion de ces requêtes.

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Comment expliquer ce désamour pour l’impression 3D ?

Tout d’abord du point de vue des investisseurs. Toutes les sociétés cotées de l’impression 3D ont annoncé des résultats financiers moins bons qu’initialement prévu en début d’année. Cela a été une première étape vers le retour à une réalité. Le secteur de l’impression 3D est un secteur plein de promesses certes, mais il n’est pas un secteur idéal qui pourrait présenter des taux de croissance de 35% par an avec toujours plus de profits. Acte 1 qui marque donc le retour à une réalité concrète de l’économie de l’impression 3D pour les années à venir. Gérer et financer une croissance de l’ordre de 35% par an présente des risques et nourrir une croissance à 35% par an nécessite un fort investissement en R&D, tout ceci pouvant porter atteinte à la rentabilité des affaires.

L’Acte 2 : l’impression 3D grand public n’est pas encore prête. On assiste à une multiplication de l’offre de machines sur le segment grand public (machines à moins de 3000$), mais une grande majorité sur la technologie FDM (filament de plastique fondu). La question qui revient aujourd’hui dans toutes les têtes est  la même : Pour quoi faire ? Et je dois bien avouer que le 3DPrintShow organisé à Paris la semaine dernière en était le parfait reflet. Plus de stands que l’année dernière, mais au final peu de choses intéressantes présentées. Beaucoup de stands de machines personnelles capables d’imprimer en plastique, dont on ne sait pas vraiment ce qu’elles amènent de plus au client, et surtout beaucoup de gadgets à voir (tour Eiffel, vis avec boulon, vases…) qui ne sont pas vraiment une juste mise en valeur de ce que peut faire l’impression 3D. Rien de très neuf d’ailleurs par rapport à l’année dernière… C’est un peu le constat que l’impression 3D grand public nourrit beaucoup de rêves, mais ne nourrit finalement probablement pas beaucoup d’entrepreneurs faute d’applications. Pour preuve la désaffection que semble avoir connu cette année le 3DPrintShow parisien.

Ce qui nous fait une transition toute trouvée avec l’Acte 3 : l’année 2014 est comparée à l’année 2013 qui a été une année exceptionnelle pour l’impression 3D, attirant énormément d’attention media et créant beaucoup de fantasme. Rappelez-vous le HypeCycle de Gartner, nous étions en 2013 tout en haut de cette courbe. Ce qui signifie que nous étions au moment où la technologie crée beaucoup de rêves et d’envies. On imagine que tout est possible, or les technologies devront encore beaucoup évoluer pour rendre une grande partie de ces rêves concrets. En 2014, l’impression 3D est tombée de son piédestal pour revenir à une vision plus réaliste de l’état de la technologie aujourd’hui et de ce qu’elle pourra réellement nous amener dans les années à venir.

L’impression 3D est-elle mourante ?

Bien évidemment non, l’intérêt pour ces technologies reste très important comme on peut le constater dans les courbes montrant les tendances de recherche sur le mot clé « impression 3D ». L’évolution de cet intérêt est en revanche moins explosif que ne le laissait penser l’année 2013. Mais la question est : l’impression 3D pour quoi faire ?
Du fait d’une moindre hype, l’impression 3D se recentre sur une activité professionnelle, où ses applications sont très concrètes (prototypage rapide, production d’outillages, de moules, fabrication de petites séries…) et apportent une vraie valeur aux industriels et aux sociétés de service. Ces applications sont réalisables avec les technologies d’aujourd’hui et permettent de nourrir des croissances organiques des sociétés du secteur supérieures à 30%. Et bien d’autres applications vont se développer au fur et à mesure que les technologies vont évoluer, continuant ainsi à nourrir une croissance organique forte du secteur dans les années à venir.

Quant à l’impression 3D personnelle ? Elle est aujourd’hui très gadget, et il est clair qu’il est peu intéressant pour une personne qui n’est pas passionnée d’avoir une imprimante 3D à la maison. Et pour que le segment grand public se développe, ce n’est pas tant les technologies qui vont poser problème mais bien de savoir mieux répondre à la question : Pour quoi faire ?

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A propos de Frederic Allard

Diplômé de l’Ecole Centrale Paris où j’ai suivi une spécialisation en Génie Industriel, j’ai par la suite créé plusieurs sociétés, dans le monde du conseil puis dans le Digital. Je suis actuellement Consultant en stratégie d'intégration d'innovations technologiques comme l'impression3D dans les entreprises, au sein de la société Septine. Je suis persuadé que la digitalisation des outils de production (et donc l'impression 3D) va induire de profonds changements dans la vie des industriels, des logisticiens et finalement dans nos vies au quotidien.