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La Nasa travaille sur l’impression 3D de bois « naturel »

La NASA travaille actuellement avec l’université de Stanford sur l’impression 3D de bois et d’email dans l’espace. Ce n’est pas la première fois que l’on constate l’intérêt de la NASA pour l’impression 3D. L’agence avait en effet déjà investi 125 000$ dans une entreprise américaine pour qu’elle développe un prototype d’imprimante capable d’imprimer des pizzas dans l’espace.

L’objet de ce nouveau projet avec l’université de Stanford est extrêmement ambitieux. Il s’agit entre autres de pouvoir imprimer du bois « naturel ». Pour ce faire, Lynn Rotschild, chercheur en biologie à la NASA et Diana Gentry doctorante à l’université de Stanford vont utiliser des technologies proches de celles utilisées pour imprimer des tissus d’organes humains. A partir de cellules, elle comptent essayer de trouver un processus de fabrication leur permettant de construire des matériaux minéraux, tout comme le corps produit des minéraux contenus dans les os ou dans l’émail des dents. Et elles souhaitent ainsi produire des objets en bois ou en émail.

Le travail sur cette technologie pourrait être rapidement étendu à de nombreuses autres utilisations, dont l’impression de nourriture, si les tests s’avéraient prometteurs.

Ce projet est pour le moment doté d’un budget de recherche de 100 000$, alloué par le Programme pour les Concepts Avancés Innovants de la NASA. De premiers résultats de ces recherches sont attendus pour le mois d’octobre 2014.

La NASA semble donc travailler sur des technologies lui permettant d’imprimer dans une grande diversité de matériaux. L’objectif avoué est la baisse des stocks nécessaires dans les navettes, et surtout la possibilité de rendre plus autonomes les missions envoyées dans l’espace, pour la production de pièces défaillantes par exemple. En nous projetant plus loin, la NASA envisage de pouvoir nourrir les habitants d’une station spatiale à base de nourriture produite en 3D. Le grand challenge de la NASA reste dans le fait d’être capable de développer des matériaux adaptés à cette autonomie souhaitée.

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Si le projet de Lynn Rotschild et Diana Gentry était amené à réussir, il pourrait déclencher une révolution beaucoup plus profonde que celle envisagée jusqu’alors. Produire du cuir naturel, du bois naturel, de l’email etc à volonté et selon nos justes besoins, sans avoir besoin de tuer des animaux ou couper des arbres. De quoi changer potentiellement notre rapport compliqué à la nature.

La société Organovo, dont nous vous parlions dans un précédent article, travaille aussi sur des procédés d’impression 3D biologique. D’autres équipes font de même et chacune explore des pistes différentes pour obtenir un résultat recherché commun. La recherche devrait certainement aboutir à des avancées très concrètes rapidement. Mais cette recherche doit aussi lancer une réflexion profonde sur les limitations à imposer à l’impression 3D en matériaux biologiques : pour quelles utilisations est-ce permis ? Quels sont les risques de dérives ? Quels sont les garde-fous ?

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A propos de Frederic Allard

Diplômé de l’Ecole Centrale Paris où j’ai suivi une spécialisation en Génie Industriel, j’ai par la suite créé plusieurs sociétés, dans le monde du conseil puis dans le Digital. Je suis actuellement Consultant en stratégie d'intégration d'innovations technologiques comme l'impression3D dans les entreprises, au sein de la société Septine. Je suis persuadé que la digitalisation des outils de production (et donc l'impression 3D) va induire de profonds changements dans la vie des industriels, des logisticiens et finalement dans nos vies au quotidien.