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Makerbot lance un plan de licenciement massif

Makerbot est une pépite dans le monde de l’impression 3D. Leader sur un segment de marché en apparente pleine expansion, Makerbot Industries est semble-t-il promise à un avenir radieux. Elle fabrique les imprimantes 3D personnelles qui devraient trouver leur place sur nos bureaux. Avec un taux de croissance insolent d’environ 600% entre 2012 et 2014, nous pourrions croire que les seuls soucis de Makerbot sont de gérer la croissance et de s’assurer que sa R&D est performante pour sortir de nouveaux produits en pointe sur son marché.

Mais Makerbot n’est plus une start up. Depuis juin 2013, la société a été rachetée par Stratasys, société cotée leader sur la fabrication de machines de fabrication additive professionnelles. Il y avait en effet de fortes synergies à créer, Makerbot se basant sur une technologie du portefeuille de Stratasys, tombée depuis peu dans le domaine public. L’acquisition de cette société était une belle manière de dépoussiérer un peu l’image de Stratasys, acteur industriel.

Bre Pettis et David Reis pour l'annonce du deal Makerbot & Stratasys - Credit : Makerbot
Bre Pettis et David Reis pour l’annonce du deal Makerbot & Stratasys – Credit : Makerbot

Depuis cette acquisition, il n’a pas été clair jusqu’à quel point la fusion entre les deux entités devait se faire. Le projet semble se mettre petit à petit en place, avec en septembre dernier l’annonce de l’arrivée de Bre Pettis à la tête d’un Lab d’innovation de Stratasys, laissant vacante la place de CEO de Makerbot. C’était une étape intelligente, mais en un sens dangereuse car Bre Pettis a porté le développement de Makerbot sur sa personnalité très marquée. C’est Jenny Lawton, qui avait été placée en présidente de Makerbot, qui a pris le poste, pour le laisser à Jonathan Jaglom en février soit à peine 6 mois plus tard… La succession à la tête de Makerbot serait-elle plus complexe que prévu ?

C’est ce que pourrait sembler confirmer une annonce de la fin de cette semaine. En effet, Makerbot Industries vient d’annoncer qu’elle allait licencier 20% de son effectif (ce qui représente une centaine de personnes). Licenciement économique ou simple dédoublonnage dans le cadre des synergies à trouver avec le groupe ? Dans ce dernier cas, il semble que la croissance insolente de Makerbot et le rythme d’embauches associé depuis 2012 aurait permis de réguler sans avoir à licencier. Il semble donc bien que l’on soit face à un traitement pour améliorer la rentabilité de cette perle.

Ce dégraissage intervient après un début d’année compliqué en bourse pour Stratasys, du fait de résultats revus à la baisse en début d’année pour 2014. Cette annonce avait énormément affecté le cours de bourse de Stratasys. Dans l’explication de ces résultats en demi teinte étaient ressortis des résultats plus faibles que prévu pour Makerbot, à la suite de challenges importants dans la restructuration de son réseau de distribution et dans le succès plus relatif de sa nouvelle gamme d’imprimantes 3D face à une concurrence qui offre des alternatives très intéressantes.

Autre signe de difficultés, Stratasys a annoncé avoir déprécié la valeur de Makerbot dans ses comptes financiers de 100M$ en février.

Makerbot a-t-elle signé la fin d’une belle histoire dans l’impression 3D personnelle en s’associant trop vite avec une société structurée comme Stratasys, acteur du monde de la fabrication additive professionnelle ? Saura-t-elle dans cet environnement alimenter un rythme de croissance élevé face à une concurrence de plus en plus innovante et un marché grand public probablement pas suffisamment mature ? A suivre…

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A propos de Frederic Allard

Diplômé de l’Ecole Centrale Paris où j’ai suivi une spécialisation en Génie Industriel, j’ai par la suite créé plusieurs sociétés, dans le monde du conseil puis dans le Digital. Je suis actuellement Consultant en stratégie d'intégration d'innovations technologiques comme l'impression3D dans les entreprises, au sein de la société Septine. Je suis persuadé que la digitalisation des outils de production (et donc l'impression 3D) va induire de profonds changements dans la vie des industriels, des logisticiens et finalement dans nos vies au quotidien.